Féérie des pantins à Frosinone

Je me rappelle d’une vive émotion que le premier spectacle des pantins que j’ai jamais monté a été une dramatisation que j’ai écrite en vers d’après le conte de fées roumain de Petre Ispirescu « Prâslea le Brave et les pommes en or » et, le plus important, je l’ai jouée avec ma première classe où j’ai été prof principal, une classe de cinquième, donc les cadets du Lycée Théorique « Mihail Kogălniceanu » de Vaslui (9-10 ans, à l’époque). La solution artistique qu’ai j’ai inventée pour que les enfants confectionnent eux-mêmes leurs pantins, a été la peinture des cuillères en bois, devenues des personnages fantastiques (il y avait dans le conte des dragons, des sorcières, des empereurs, des paysans, de belles princesses) – le tout, dans un décor de rêve, en carton et papier glacé. J’ai fait construire un très grand paravent en bois derrière lequel presque la moitié de la classe se cachait… et j’ai monté la pièce, à la première de laquelle j’ai invité toute la salle des profs – et cela a très bien remplacé la fête scolaire de célébration du Noël.

Après presque 20 ans… pas comme dans le roman de Dumas, mais comme dans la vraie vie, les choses sont de retour. Et je retrouve avec grande émotion les cuillères peintes transformées en pantins, dans les créations des petits Italiens de Frosinone. J’espère bien qu’ils monteront avec ces splendides créations, des pièces inoubliables comme fut ce « Prâslea le Brave » dont je me suis rappelé rien qu’en voyant ces splendeurs !

Les coulisses de nos pantins

Le pantin, c’est un univers caché sous une forme burlesque unique dont l’intention est d’attirer l’attention, de faire rire, de regarder émerveillé une personne devenue personnage dont le charme, même violemment répulsif, concentre l’entière attention du spectateur – qu’il soit petit ou grand, sur un message dont l’apparente superficialité n’est qu’un zeste au-delà duquel les fils invisibles de l’éducation, du rire, de l’expérience de vie et de l’amour des gens s’enchainent harmonieusement.

Les pantins de Nicu Brașoveanu en témoignent, d’ailleurs. Et les voilà mises en formes – à proprement parler, bien plus proches de la vie artistique à laquelle ils ont été voués depuis leur état primordial, celui d’argile, de terre inculte mais contenant les germes du génie créateur.

Quand les humains deviennent des personnages animaliers…

Galaxie ! A quel moment l’homme peut-il savoir qu’il n’est pas un pantin dont un autre tire les ficelles ? Comment pourrait-il le savoir ?
Seconde fondation – Isaac Asimov

De nouveau sur les créations régies par Nicu Brașoveanu : de nouveaux visages de pantins surgissent de l’argile. Est-ce un humain ? Ou bien est-ce un renard ? serait-ce un homme – ou bien un loup ? Est-ce que c’est une personne – ou un ours ?

“Nous aimons les fictions dans la mesure même où la fable reste assez dépendante du monde réel pour que nous ne sentions jamais mourir en nous le sentiment du vrai.” (Georges Duhamel)

Ecole de Pungești (Roumanie): Qu’est-ce que c’est que le théâtre des pantins?

Voici les élèves de l’Ecole partenaire de Pungești (județ de Vaslui, Roumanie), dans un petit cours de formation avec une présentation “de ce que c’est que le théâtre de pantins” * Here they are – the pupils from Pungești partner School (Vaslui dept, Romania), in a training course with presentation about “what puppets theater means”.