DEOR: Les petits théâtres en papier en classe de FLE

Les théâtres en papier sont assez vieux, ils étaient beaucoup utilisés à l’époque où il n’y avaient pas d’écrans, de journaux, de photos. Il semble que le théâtre d’ombres est apparu en Egypte. Les spectacles représentaient un divertissement pour la population, pour les enfants, mais ces spectacles étaient aussi joués devant les empereurs ou les nobles de divers pays.
Les artistes présentaient des morceaux de légendes, des évènements historiques dont ils manipulaient quelquefois l’intrigue en fonction du public qui les regardaient. A part leur fonction divertissante, il est envisageable aussi d’imaginer un rôle de transmission, de communication des nouveautés, d’une façon plus ou moins subjective. Ils ont assuré la circulation des chansons populaires, des légendes ou des contes et des pièces religieuses, ayant aussi un important rôle dans l’éducation du peuple des villes et des villages jusqu’à la fin du XIXe siècle.
Par rapport aux nouvelles technologies de la communication, on pourrait dire que le théâtre rapprochait les gens, présentait des réalités que chacun pouvait comprendre et intégrer dans son univers d’informations. Les nouvelles technologies ont une fonction différente, les réseaux sociaux offrant des possibilités illimités de communication virtuelle, séparant pourtant les gens qui préfèrent rester cachés par les écrans. Il est donc bien de réintégrer certaines méthodes anciennes, en offrant de l’espace au jeu, au bricolage et à l’initiative en classe de FLE.
Les théâtres en papier sont plus accessibles aux élèves du collège, qui peuvent les construire seuls, n’ayant pas besoin de fournitures spéciales. Lorsque j’ai proposé aux élèves de notre collège de créer un théâtre de marionnettes, ils ont été peu attirés par l’idée, me disant que les marionnettes ne sont plus pour leur âge. Les élèves de 12 à 13 ans ont commencé pourtant à s’y intéresser et ils ont utilisé des boites en carton pour improviser des dialogues. Leurs marionnettes sont en papier, ils les manègent à l’aide de fines baguettes en bois. Les élèves dans la classe deviennent vite leurs spectateurs et bien que leur niveau de français ne leur permette pas encore d’écrire des saynètes plus longues, ils réussissent à capter l’attention du public et de faire parler leurs acteurs en carton.
Ce que je trouve fascinant est le fait qu’ils ont vite intégré cette activité dans leur étude du français, ils ont commencé à utiliser les marionnettes et les théâtres en papier dès que l’enseignant leur a offert l’occasion. Lorsque les thèmes de vocabulaire se prêtent au jeu et au dialogue, ils attirent l’attention par une boite – scène improvisée qui attend patiente sur le pupitre l’intervention de l’enseignant. Chaque fois je suis contente de toute idée ou mise en œuvre qui suscite l’intérêt des élèves pour l’étude du français, le fait qu’ils aiment apporter leurs créations en classe pour s’exprimer en français est une grande conquête. Ça veut dire que pour eux le français a un côté ludique, que cette langue nouvelle, puisqu’ils l’apprennent depuis une année et demie, ne leur fait pas peur. Un autre avantage est le fait qu’ils réussissent à créer des univers en bricolant, et qu’ils trouvent des situations pour mettre en lumière leurs créations sans que l’enseignant la leur demande.
Les marionnettes en carton ne nécessitent pas des heures de travail et offrent la possibilité de jouer à même temps qu’apprendre. Elles donnent l’occasion de travailler en équipe, de se rencontrer pour confectionner le matériel, la scène et les décors, ce qui fait que le processus d’apprendre devient plus intéressant et la langue étrangère est vraiment mise en situation réelle de fonctionnement.
Nos élèves ont utilisé pour confectionner leurs théâtres en papier le livre « Mes petits théâtres à construire » par Lise Herzog, qui présente des moyens de construire des théâtres en boite, des cirques animés et un petit théâtre d’ombres. Pour chaque activité présentée ce petit livre offre plein d’instructions et spécifique le matériel nécessaire, si bien que même s’il est écrit en français les élèves ayant un niveau A1 ont réussi à comprendre et à suivre les instructions. Ils ont trouvé le livre parmi les livres reçus dans le cadre du projet ADIFLOR que nous avons commencé en décembre 2019, et ils ont vite commencé à utiliser les informations, déjà mettant en scène deux petits spectacles. Pour les pièces ils ont encore des difficultés à écrire en français, mais ils ont commencé à faire des progrès.

Frosinone : Les élèves au boulot!

En utilisant les activités proposées pendant la première rencontre en Roumanie dans le projet Erasmus+ KA229 “ Pantins pour l’Inclusion”, les petits élèves du Collège IC Frosinone 3 ont réalisé de beaux pantins. Par ce travail, ils ont mis en jeu leurs compétences manuelles et la langue française. Peu à peu, les multiples dimensions de cette coopération se sont révélées; rendre les élèves sujets de leurs activités, de leurs choix esthétiques ou techniques et des apprentissages qui y sont liés, a été une expérience formidable. De cette façon, ils sont entrés dans la culture d’une langue nouvelle en s’amusant et enfin en réalisant des œuvres agréables.  Cet effort a permis de les engager dans une activité langagière combinée harmonieusement avec le travail du corps et la production d’un texte à jouer.

La représentation des contes grâce aux marionnettes permet aux enfants de découvrir et d’exprimer leurs émotions. En créant et en manipulant les marionnettes ils utilisent toutes leurs compétences et connaissances pour mettre en scène des petites pièces.
Ce genre d’activité dans le projet Erasmus plus « Pantins pour l’inclusion » a pour objectif de permettre la rencontre de plusieurs élèves avec des personnalités différentes et il leur donne la chance d’exprimer des choses qu’on a envie de dire.
C’est plus facile se rapporter et exprimer ses émotions avec les marionnettes plutôt que dans le rapport direct.
Tous participent avec enthousiasme !